Sophie Mery-Pierre Fabre-Pressemédicale

La Presse Médicale : Pouvez-vous nous définir la Fondation pour la Dermatite Atopique ?

Sophie Mery : La Fondation pour la Dermatite Atopique (FDA) est une fondation de l’entreprise Pierre Fabre, elle a été créée par monsieur Pierre Fabre en 2006. Cette Fondation a pour vocation d’aider les professionnels de santé dans l’éducation thérapeutique (ET) des patients, elle s’occupe de pathologies chroniques dermatologiques et en particuliers la dermatite atopique.
 
Dans combien de pays cette Fondation est présente ?
Actuellement il existe 17 pays dans lesquels la FDA a subventionné des écoles de l’atopie, l’Algérie est le 18e pays et c’est le 1er pays en Afrique dans lequel notre fondation va pouvoir subventionner un des premiers ateliers. C’est le début d’une longue série puisque en commence aujourd’hui avec Alger, mais il y a d’autres projets en perspective.
 
Quel est l’objet de votre visite en Algérie ?
Ma présence aujourd’hui à Alger s’inscrit dans le cadre de l’inauguration de l’école de l’atopie au sein du CHU Mustapha à Alger et d’assister à l’atelier sur l’ET dont le but est de promouvoir l’éducation thérapeutique auprès des patients. Dans ce cadre, il y a des patients avec leurs parents qui sont conviés à cet atelier, dans lequel une équipe multidisciplinaire propose en fait un dialogue à ces familles pour apporter du soutien, de l’information et des outils pour les aider à améliorer leur qualité de vie, à mieux comprendre leur pathologie et surtout à mieux suivre leur traitement.
 
Vous avez parlé de la multidisciplinarité, peut-on savoir la composante de l’équipe assurant l’ET ? Est ce que ses membres ont suivi une formation préalable ?
En premier lieu dans cette équipe il y a les dermatologues et en raison de l’importance de l’aspect psychologique lié à la dermatite atopique, on a dans cet atelier, organisé aujourd’hui au service de dermatologie du CHU Mustapha, une psychologue clinicienne. Parfois, lorsqu’il s’agit d’enfants, on peut retrouver des infirmières qui vont les aider à faire des activités autours de leur maladie et aussi les aider à parler et échanger entre eux. Par ailleurs, des nutritionnistes, des allergologues et des pédiatres peuvent aussi faire partie de cette équipe multidisciplinaire. L’équipe qui a participé aujourd’hui à cet atelier accompagnée par d’autres dermatologues algériens sont venus se former à Nantes lors du séminaire qui est organisé chaque année par le GET : le groupe d’éducation thérapeutique en dermatologie, constitué par les écoles de l’atopie en France et c’est le Pr Jean-François Stalder (Hôtel Dieu - Nantes), un pionnier dans l’éducation thérapeutique au CHU de Nantes, qui est à la tête de ce groupement.
 
Quelles sont les raisons qui ont motivé le développement de l’ET pour la dermatite atopique ?
Dans les pathologies chroniques telle que la dermatite atopique, l’ET s’avère indispensable pour délivrer des informations aux malades, car ces derniers ne connaissent pas bien leur maladie et sont justement demandeurs d’informations, en plus, mieux les patients connaissent leur traitement et mieux ils seront traités. Aussi, il est important qui il y ait échange et dialogue entre les patients et c’est ce qui est proposé par l’atelier collectif. Après, bien évidemment, il y a une déclinaison en entretiens individuels. L’ET permet au patient de devenir acteur dans son traitement et ne pas obéir au traitement édicté par son médecin, mais plutôt d’avoir une adhésion à ce que va lui proposer l’équipe médicale.
 
Quel est l’apport de la FDA en termes de soutien matériel et des moyens pour développer l’ET en Algérie ?
Les subventions qu’apportent la fondation vont être utilisées soit pour l’achat de matériel ou de local, soit pour la formation des soignants et l’organisation des séminaires et des évènements par les équipes de l’ET. La convention fait partie du fonctionnement de la FDA et c’est dans ce cadre que nous avons signé une convention avec la SADEC (la Société Algérienne de Dermatologie Esthétique et Cosmétologique) présidée par le Pr Ammar Khodja. Notre action s’inscrit dans un partenariat permettant de rassembler plusieurs CHU d’Algérie dans un projet avec une feuille de route bien établie pour étendre les ateliers d’ET à Constantine, Oran, Tlemcen et par la suite à d’autres villes.
 
Quelles sont les perspectives de la Fondation ?
On suit une sorte de pyramide de déploiement en fonction de la maturité de l’ET avec les différents CHU. C’est vrai que dans un premier temps l’ET touche d’abord les dermatologues hospitaliers, après pourquoi ne pas l’étendre aux dermatologues de ville s’ils ont en la possibilité, c’est quelque chose qui est faite à moindre échelle par ce qu’ils ont moins de temps en consultation, mais c’est envisageable, ensuite pourquoi ne pas l’étendre aussi à des pédiatres et d’autres professionnels de santé. Enfin, comme c’est le cas en France pour l’année 2018-2019, on pourra déployer l’ET auprès des pharmaciens en Algérie. Le but c’est d’aligner le même discours qui est tenu au niveau des ateliers de l’ET par tous les professionnels de santé, que ce soit le médecin généraliste, le dermatologue, les différents spécialistes ou le pharmacien. LPM 

 

Entretien réalisé par Dr A. Salah Laouar en marge de la tenue de l’atelier sur l’éducation thérapeutique le 28 avril 2018 au Service de dermatologie au CHU Mustapha Bacha d’Alger
GET
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Le 10 juin 2018 par A.S.L.

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