Abdelouahed Kerrar-UNOP-www.pressemedicale.com
La Presse Médicale : Quel est l’objectif de la tenue des Premières Journées de l’Industrie Pharmaceutique Algérienne (JIPA) ?
Dr Abdelouahed Kerrar : L’objectif des JIPA est de faire la lumière sur les réalisations de cette industrie au cours des 10 dernières années et surtout d’appréhender les contraintes qu’elle subit pour les dépasser et être à même de répondre à la demande locale.
 
Quelles sont justement ces contraintes et comment les surmonter ?
Ce sont surtout des contraintes d’ordre organisationnel qui perdurent et pour les surmonter, il faut rendre opérationnelle l’Agence national du médicament créée officiellement depuis 2008, mais qui n’a été mise en place qu’en 2016 et jusqu’à ce jour, elle n’est pas encore en activité. Ceci dit, nous ferons remarquer qu’en tant que producteurs nous ne demandons aucune aide financière de l’Etat.
 
Concrètement où se situent les blocages ?
Les blocages se situent dans l’absence d’affectation de ressources humaines et la dotation en matériels pour que cette Agence puisse fonctionner normalement et assurer convenablement ses prérogatives telles que prévues par la loi.
 
Selon vous, quel sera le rôle de l’Agence de médicaments ?
Comme toute Agence de médicaments de par le monde, son rôle sera de procéder à l’enregistrement, à la coordination des activités des opérateurs et d’assurer la pharmacovigilance.
 
Dans votre intervention, lors des JIPA, vous avez évoqué un contrat à établir avec le gouvernement, de quoi s’agit-il en fait ?
Assurément, notre proposition entre dans le cadre de la volonté du gouvernement d’atteindre une couverture de la demande locale de l’ordre de 70% d’ici 2019. Cet objectif est possible à atteindre pour peu qu’on procède à des réajustements de la réglementation. Pour ce faire, nous disposons de ressources humaines et matériels, mais ce qui reste par conséquent, c’est de définir une politique de prix qui soit rémunératrice pour les producteurs et concevoir une aide à la recherche et développement, notamment en matière de formation ; si cela est réalisé nul doute que la demande sera globalement satisfaite et l’on pourra considérer alors une politique à l’export ; bien entendu que la stratégie préalable à cette activité passe d’abord par la révision de la réglementation en matière des changes entre autre mesures.
 
Vous fabriquez des médicaments tout en veillant sur la prévention de pathologies, parlez nous de cette approche ?
A première vue cela peut paraître paradoxale, néanmoins nous nous considérons comme une Association citoyenne car, nous avons été formés en Algérie et les problèmes de ce pays nous concernent et par conséquent, notre souci de prendre en charge l’aspect préventif de ces pathologies n’est qu’un juste retour d’ascenseur. Enfin, en voyant les ravages que font l’hypertension artérielle, le diabète et le tabagisme et leurs conséquences sur la santé des population on ne peut demeurer insensibles, d’autant plus ces maladies grèvent le budget de l’Etat. Aussi, nous essayons d’apporter notre aide en appuyant par exemple les activités de l’Association des consommateurs quant à la réalisation de spots publicitaires à travers la télévision et la radio à la fois du secteur public et privé pour diminuer le taux de sucre, de sel et de matières grasses dans les aliments que consomment chaque les Algériens.
 
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Le 11 oct 2017 par La Presse Médicale

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