Don d'organes en Algérie-www.pressemedicale.com.

Malgré les fetwas émanant des principales institutions religieuses du pays autorisant le don d’organes à un malade par un vivant ou par une personne décédée, cette question demeure encore difficile à résoudre compte tenu de la réalité socioculturelle des algériens.
Le projet de la nouvelle loi sur la santé, qui prendra en charge, entre autres, le volet relatif à la réglementation et à l’organisation du prélèvement et la transplantation d’organes de personnes décédées à des vivants, apportera sans doute des clarifications pour encourager davantage cette pratique. Le texte précisera également des volets non traités dans l’ancienne loi, à l’instar des essais cliniques et de tout ce qui a trait aux nouveaux médicaments, ainsi que l’actualisation du cadre de prévention.Actuellement, la loi de santé exige que le prélèvement des organes d’un défunt ne doit se faire que par l’accord de sa famille. Or, et pour des raisons d’ordre religieux, la majorité des familles s’opposent à cette décision, sachant que la religion l’autorise, en se référant au saint Coran qui souligne que «celui qui sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé tous les hommes».

Selon le professeur Tahar Rayane, chef du service de néphrologie du CHU Nafissa-Hamoud (ex-Parnet), ce projet de loi pourra résoudre la question liée au refus des familles de personnes décédées à consentir à un prélèvement sur leur cadavre. Le Pr Rayane rappelle que «la législation algérienne, tout autant que la religion musulmane, qui le considère avec bienveillance, autorisent cette pratique». En effet, la loi 85/05 modifiée et complétée par la loi 90/17 l’indiquent clairement. Quant au Conseil supérieur islamique algérien, celui-ci s’est prononcé sur la question de la greffe d’organes par une fetwa datée du 14 février 1985 autorisant le prélèvement et la transplantation d’organes.Le Pr Rayane insiste sur l’importance de promouvoir le domaine du don d’organes qui est une pratique encore peu répandue en Algérie, précisant que «la majorité des greffes réalisées sont d’un donneur vivant, choisi le plus souvent au sein de la famille ou parmi les proches du patient».

Pour sa part, le Dr Salah Laouar, président du Syndicat national des médecins généralistes, a fait savoir que «la question du don d’organes en Algérie est, en premier lieu, d’ordre socioculturel», soulignant, de ce fait, la nécessité de changer les mentalités pour l’élargissement du don d’organes qui est d’une importance vitale pour sauver des centaines, voire des milliers de vies.

Selon le ministère de la Santé, un tiers des 22.000 personnes en insuffisance rénale sont en attente d’une transplantation rénale, et de nombreux patients qui nécessitent d’autres greffes d’organes sont également dans cette situation.

D’après les estimations des spécialistes du domaine, près de 1,5 million d’Algériens souffrent de diverses pathologies rénales. Parmi les 20.000 sous hémodialyse, 10.000 sont inscrits dans la liste d’attente pour une transplantation rénale. LPM

APN
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Le 13 nov 2017 par La Presse Médicale

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