Homéopathie-www.pressemedicale.com
Cette condamnation fait suite à la plainte de Claudie F., déposée le 20 septembre 2012, puis relayée par sa famille après son décès le 18 mars 2013 des suites d'un cancer du sein.
L'Ordre des médecins considère que le praticien a manqué gravement à ses obligations déontologiques car n’a pas pris en considération le cancer de sa patiente, n’a prescrit aucun autre examen et a rompu tout contact avec l’hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes), où la patiente était suivie, en se bornant à prescrire diverses traitements homéopathiques comme radis noir, chardon marie, noyer, arnica, comportant la mention à visée oncologique. Mais, surtout ce que l'Ordre lui reproche, c’est d'avoir procédé à 28 injections de Viscum album, c'est-à-dire du gui, dans le sein même de la patiente, en pourtour de la tumeur cancéreuse.
«Il lui a ainsi laissé croire que ce traitement pouvait avoir un impact sur l'évolution même du cancer, la confortant ainsi dans sa conviction de pouvoir échapper au traitement classique», estime le jugement.
«Le parcours de soins de cette femme a mis en lumière des manquements graves de la part du médecin homéopathe», ajoute le conseil de l'ordre. «La seule circonstance que Mme F. aurait renoncé au traitement chimiothérapique n'exonère par le docteur D. de sa responsabilité. Il devait en effet prodiguer à l'intéressée des soins conformes à son état de santé et aux données acquises de la science, en faisant, le cas échéant, appel à des tiers compétents, ce qu'il n'a pas fait. Il semble même qu'il ait délivré à Mme F. de fausses informations sur la réalité de son état de santé», conclut le jugement.
S’il est vrai que certains patients, atteints de cancers engageant à terme leur pronostic vital, refusent la médecine conventionnelle et préfèrent recourir à des médecines naturelles dont l'efficacité n'a pas été démontrée, le médecin prescripteur doit tenir un dossier médical bien documentés avec des pièces écrites faisant la preuve qu'il a bien respecté ses obligations déontologiques en donnant une information claire à ses patients sur les conséquences éventuelles de ses choix. LPM.
 
0 Commentaires
Le 7 nov 2017 par La Presse Médicale

Lire aussi...