Evaluation du test au QuantiFERON TB® avant l’instauration d’une biothérapie anti-TNF alpha

► Introduction Le risque de réactivation de la tuberculose (TB) au cours d’un traitement à base d’anti-TNF alpha est aujourd’hui bien établi. La recherche d’une TB latente est donc nécessaire avant de débuter une biothérapie à base d’anti-TNF alpha. Des recommandations internationales ont été mises en place dans ce but, mais il n’existe pas d’accord quant à la meilleure méthode à utiliser. L’intradermo-réaction (L’IDR) à la tuberculine reste l’outil diagnostique privilégié. Elle possède toutefois de nombreux inconvénients. Tout d’abord, elle manque de spécificité, ce qui peut conduire à des chimioprophylaxies non nécessaires, exposant les patients à des effets secondaires potentiellement graves. D’autre part, l’immunodépression liée aux pathologies inflammatoires chroniques et aux traitements peut diminuer la sensibilité du test avec un risque de faux négatifs. Le développement des tests sanguins de libération d’interféron gamma (QuantiFERON TB® gold) pourraient donc être une bonne alternative à l’IDR puisqu’ils ont une meilleure spécificité. Toutefois, leur utilisation chez des patients candidats à une biothérapie a été peu étudiée et de nombreuses questions restent en suspens : le résultat de ces tests est-il influencé par le traitement, par l’IDR, ou par l’activité de la maladie ou autres facteurs ? L’objectif de notre étude est d’évaluer l’intérêt du test QuantiFERON TB® (QFT®) dans le dépistage de la TB latente avant la mise en route d’un traitement immunosuppresseur (biothérapie anti-TNF) et d’étudier également d’éventuels facteurs pouvant influencer les résultats du test au quantiféron.

Intérêt diagnostic du test QuantiFERON TB® au cours de la tuberculose extra-pulmonaire

► Résumé : La tuberculose est un problème majeur de santé publique. L’intérêt des méthodes diagnostiques classiques est limité dans les formes extra-pulmonaires. Le test de QuantiFERON (QTF), mis sur le marché en 2006, a été largement utilisé dans le diagnostic de la tuberculose dans sa forme active (pulmonaire et extra-pulmonaire) et latente. L’objectif de notre étude est d'évaluer l'intérêt diagnostic du test QTF au cours de la tuberculose extra-pulmonaire et de comparer les résultats obtenus avec ceux de l’intradermoréaction à la tuberculine (IDR). Cent trente six (136) patients ont été adressés au service d’immunologie du CHU Mustapha Pacha (Pr M. Benhalima) pour suspicion de tuberculose extra-pulmonaire. Dans notre série, 69 (50.8%) patients avaient un test QTF positif versus 54 (50.9%) pour l'IDR. Le diagnostic de tuberculose extra-pulmonaire a été retenu chez 19 patients dont la tuberculose abdominale était prédominante chez 7 patients soit (36,8%). Le diagnostic n’a pu être posé chez 94 patients. La sensibilité et la spécificité du test QTF étaient meilleures que ceux de l'IDR : Se= 100% (82-100%), Sp=71% (48-89%) contre Se=87,5% (62-98%), Sp = 37,5% (15-64%). Il ressort de cette étude que malgré les performances sub-optimales du test QTF, il ne peut, à lui seul, poser le diagnostic de tuberculose extra-pulmonaire.