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Le NERVTAG, groupe d’expert conseillant le gouvernement anglais sur la gestion de l’épidémie, avait qualifié de réaliste, le fait que la létalité du variant B.1.1.7 soit supérieure de 30 à 40% à celle des autres lignées génétiques. Il avait basé son analyse sur plusieurs études, dont celle qui vient d’être publiée le 10 mars dernier dans le BMJ.

Il s’agit d’une étude de cohorte appariée portant sur l’analyse des données de plus de 110 000 sujets britanniques. Elle a permis d’établir que pour 1000 cas détectés, le variant anglais est associé au décès de 4,1 personnes contre 2,5 pour les souches « historiques ».

Les critères d’inclusions étaient l’âge du patient de 30 ans ou plus, ne pas être hospitalisés au moment de l’inclusion et présenter un seul résultat de test PCR positif avec un nombre maximum de cycles d’amplification. Les tests positifs ne précisant pas la valeur du CT ont donc été systématiquement exclus.

54 906 couples de cas positifs entre le 1er octobre 2020 et le 29 janvier 2021 ont été appariés en fonction de l’âge, du sexe, de l’origine ethnique, de l’indice de privation multiple, de la région et de la date du test. L’un des deux patients de chaque couple était infecté avec le variant anglais (B.1.1.7) alors que l’autre l’était avec une autre lignée génétique.

Les résultats de cette étude montrent que 227 décès se sont produits dans le groupe « B.1.1.7 » contre 141 décès pour l’ensemble des autres lignées. Le variant anglais serait donc 64 % plus mortel (IC 95 % [1,32 ; 2,04]) que les autres souches estiment les chercheurs.

Si les auteurs admettent qu’il y a de possibles biais qui sont liés tant au design de l’étude (qui s’est limitée aux patients non hospitalisés) qu’au moment où elle a été réalisée à savoir la flambée épidémique qui a lourdement touché le Royaume-Uni au début du dernier hiver, pour eux il est clair que le variant anglais « B.1.1.7 » a le potentiel pour être significativement plus mortel que les souches historiques.

Une autre étude publiée en preprint le 8 mars, mais qui n’est pas encore évaluée par des pairs, a permis d’obtenir les même conclusions avec un risque accru de décès de 67% pour un IC à 95% de [34 ; 109] en cas d’infection avec le variant anglais versus un autre variant.

Toutes les données ont été extraites de la plateforme de recherche OpenSAFELY, qui couvre 40% de la population anglaise enregistrée auprès d’un médecin généraliste.

Les vaccinations contre le SRAS-CoV-2 et les diagnostics antérieurs à la période de l’étude étaient des critères d’exclusion. La lignée du variant à l’origine de l’infection était connue pour 184 786 cas sur les 441 161 cas disponibles dans la base de données. 91 775 cas étaient infectés avec le variant anglais (groupe VOC) et 93 011 cas étaient infectés avec un virus d’une autre lignée génétique (groupe non VOC)

Les résultats montrent que 867 décès toutes causes confondues sont survenus avant le 5 février 2021, 419 dans le groupe VOC et 448 dans le groupe non-VOC.

Si le nombre absolu de décès est comparable d’un groupe à l’autre, les groupes n’étaient pas homogènes. Les patients inclus dans le groupe VOC étaient sensiblement plus jeunes et avaient moins de facteurs de comorbidités. Les auteurs ont calculé un risque relatif en utilisant le modèle à risques proportionnels de Cox pour redresser les résultats.

« Dans une analyse entièrement ajustée tenant compte des données démographiques et des comorbidités, les risques étaient deux tiers plus élevés dans le groupe VOC : 1,67 (intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,34 - 2,09 ; P <0,0001). Les risques accrus étaient cohérents dans toutes les analyses de sous-groupes pré-spécifiées, y compris la semaine épidémiologique, le groupe d’âge, le nombre de comorbidités, l’origine ethnique et le quintile de l’indice de privation multiple. »

Pour les auteurs, cette étude souligne l’importance des campagnes de vaccination et des mesures de contrôle de la circulation virale qui si elle n’était pas maitrisée pourrait être à la fois plus rapide et plus mortelle qu'avec les souches historiques.

La dernière étude publiée également en PrePrint le 12 mars s’est intéressée au risque relatif de mortalité et d’entrée en réanimation selon que le virus à l’origine de l’infection était le variant anglais ou un autre variant.

Dans cette étude, 2 cohortes ont pu être extraites en croisant les données issues de la base QResearch comprenant 45 millions de dossiers médicaux anonymisés, la base de données anglaise CMP des soins intensifs ainsi que la base de données PHE relative aux tests PCR Covid-19.

La première cohorte a été utilisée pour explorer l’association entre le B.1.1.7 et l’admission en soins intensifs et la mortalité à 28 jours. La seconde a été utilisée pour évaluer le risque relatif de mortalité.

L’ajustement des données brutes a été réalisé à l’aide des modèles de Royston-Parmar pour l’âge, le sexe, la région, et les autres données sociodémographiques et les comorbidités (asthme, BPCO, type I et II, hypertension).

La première cohorte comprenait 198 420 patients, dont 80 494 avaient le variant B.1.1.7. 712 étaient gravement malades et suivis en soins intensifs. 630 sont décédés avant 28 jours. La deuxième cohorte comprenait 3 432 patients gravement malades. Parmi eux, 2019 avaient le variant anglais et 822 sont décédés à la fin des soins intensifs.

En utilisant la première cohorte, les auteurs ont estimé que les rapports de risque ajustés pour l’admission en soins intensifs et la mortalité étaient respectivement de 1,99 (IC 95 % : 1,59, 2,49) et 1,59 (IC 95 % : 1,25-2,03) pour le variant B.1.1.7 par rapport au groupe de la souche « historique ».

Le rapport de risque ajusté pour la mortalité en soins intensifs, estimé à l’aide de la deuxième cohorte, était de 0,93 (IC 95 % : 0,76-1,15) pour les patients avec le variant B.1.1.7, par rapport à ceux qui ne l’avait pas.

Les auteurs de cette étude concluent que le variant anglais B.1.1.7 semble être plus à même de provoquer des formes sévères nécessitant une admission en soins intensifs. Il serait également lié à une augmentation du risque de décès comparativement à ceux qui ont été infectés par un autre variant. Cependant si on limite l’analyse aux patients en réanimation, la lignée génétique n’a pas de conséquences sur les risques de décès. LFS

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Le 16 mar 2021 par A.S.L.

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