Conférence des universités
Alger - À la faculté de médecine d’Alger (Ben Aknoun) s’est tenue le samedi 29 juillet 2017 la conférence nationale des universités sous la présidence du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS).
Le programme de cette journée comportait :
· Une allocution du Ministre de l’Enseignement Supérieur ;
· Une présentation de la refonte des études en sciences médicales par le secrétaire général du MESRS ;
· Une présentation relative à la rentrée universitaire 2017/2018 par M. Noureddine Ghouali.
· Un bilan d’étape sur l’opération d’auto-évaluation des établissements d’enseignement supérieur par Mr. Lerari ;
· Un bilan de la recherche scientifique et le développement technologique par le Pr. Aourag.
Nous rapportons la présentation de M. Mohamed-Salah Eddine Seddiki secrétaire général du MESRS relative à la refonte des études en sciences médicales.
Il faut tout d’abord signaler que le secrétaire général a rapporté les conclusions des travaux sur l’état des enseignements en médecine en Algérie, conclusions déjà présentées dans le même auditorium le 21 mai 2017 par la conférence des doyens, aux enseignants de la faculté de médecine d’Alger (voire : www.santemaghreb.com/algerie). Le secrétaire général a rappelé la démarche participative de ces travaux animés par la conférence nationale des doyens des facultés de médecine et supervisés par le ministère de l’Enseignement Supérieure en coordination avec le ministère de la Santé, travaux qui ont duré près de 2 ans. Après une rétrospective sur la formation médicale en Algérie depuis la création de la première école de médecine en 1857 et la profonde réforme des enseignements en médecine de 1971, réforme qui a répondu aux besoins urgents de la société algérienne de l’époque. Depuis cette réforme de 1971, des réajustements successifs ont permis d’augmenter les effectifs des diplômés, assurer une formation pour les formateurs et promouvoir une activité de recherche-formation et une ouverture à l’international. Néanmoins, malgré de forts investissements matériels et humains, les aspects qualitatifs étaient éloignés des normes établies. Un état des lieux révèle :
- Des insuffisances internes (pédagogiques, organisationnelles), liées en partie à la gestion intersectorielle ;
- L’avènement de facteurs exogènes ayant un effet sur la formation, mais non pris en compte ;
- Une évolution des besoins en santé sous l’impulsion de la croissance démographique ;
- La transition épidémiologique.
En matière de formation les principales insuffisances sont :
- Un enseignement modulaire, sans intégration (les enseignants définissent individuellement le contenu, à partir de simples intitulés).
- Une formation pratique dévalorisée par manque de terrains de stage, d’encadreurs, de moyens matériels et consommables.
- Un secteur utilisateur (ministère de la santé : MSPRH) non impliqué dans la définition des objectifs et du profil de formation du produit fini, à savoir le médecin praticien.
- Enfin, une organisation et des méthodes pédagogiques dépassées.
Le premier facteur exogène est représenté par les nouveaux besoins induits par l’évolution de la population algérienne, en pleine croissance et en quête d’une meilleure qualité de vie ; mieux informée, exigeant prévention, soins de qualité, écoute et empathie… Sous la pression, érection de nouvelles structures de santé, non utilisées pour les besoins de formation pratique du médecin.
Le deuxième facteur exogène est représenté par la transition épidémiologique vers les maladies chroniques non transmissibles, liées à de nouveaux facteurs de risque, devenues priorités en santé publique. La formation médicale n’a pas intégré les nouvelles spécialités médicales dans le cursus de graduation pour faire face à cette transition et continue à réserver une large part aux maladies en régression.
Au terme de ce préambule, le secrétaire général arrive à la nécessité d’une refonte et non d’une réforme des études de graduation en médecine. Refonte pour préserver les acquis positifs de la réforme de l’enseignement supérieur de 1971, prendre en charge les insuffisances pédagogiques et organisationnelles observées, intégrer les changements induits par les facteurs externes ayant une influence sur la formation, son contenu et son organisation, moderniser le système de formation en médecine. Cette refonte va consister en une révision progressive des contenus de formation, tenant compte des nouveaux besoins en santé et visant à la responsabilisation du futur médecin quant à sa formation, sa relation avec le patient, les familles et la société civile, sa familiarisation avec la pédagogie par problème de santé grâce aux enseignements intégrés, son apprentissage au raisonnement clinique par simulation au chevet du malade.
Ceci nécessitera l’introduction de nouvelles unités intégrées d’enseignement, proposées par des comités pédagogiques de coordination à mettre en place ; la normalisation du cadre des compétences essentielles du médecin et un programme de formation sur les nouvelles pratiques pédagogiques, à l’intention des encadreurs.
Cette refonte des programmes s’appuiera sur une approche par compétences, un remplacement du programme par le curriculum (contenu, norme de qualité, choix méthodologiques, dispositif d’évaluation, profil de sortie et déclinaison en compétences et ressources requises).
L’organisation des enseignements prendra en charge le principe d’unités intégrées pour forger la vision globale chez l’étudiant ; son immersion précoce en milieu professionnel et social (stages en première et deuxième année en plus de ceux effectués en troisième année) ; la traçabilité des actes de formation et l’institution d’outils de suivi et d’évaluation de la formation et enfin le renforcement de son niveau en langue d’enseignement (qui à l’heure actuelle est le français).
Cette nouvelle organisation doit reposer sur la mobilisation de l’encadrement scientifique et professionnel autour de l’acte de formation afin de sortir l’enseignant de son isolement et responsabiliser les comités pédagogiques sur le contenu des formations, attribuer à l’enseignant hospitalo-universitaire la fonction de maitre de stage et de tuteur, sous la responsabilité du chef de service ; attribuer au médecin de santé publique ou des structures privées (généraliste ou spécialiste habilités) et au résidents à partir de la 3èmeannée, la fonction de tuteur.
En matière de gestion, intégrer «l’approche processus» en gardant le cap sur la finalité de la mission : à savoir former un médecin opérationnel et de qualité, en phase avec l’évolution du métier et les exigences de l’environnement. Une démarche d’assurance qualité doit sous-tendre le fonctionnement du processus.
Le secrétaire général a tenu à préciser que dans une première phase, seront maintenus sur le plan architectural :
- Deux (2) cycles de graduation (préclinique de 3 ans et clinique de 3 ans) suivis d’une année d’internat pour l’obtention du doctorat en médecine générale. Une spécialisation de la médecine générale (résidanat) est envisagée à long terme.
- Un (1) cycle de post-graduation (spécialisation de 3 à 5 ans).
Les principaux changements par rapport à l’ancien programme concerneront :
- Dans le premier cycle : une réorganisation des enseignements en unités intégrées et immersion de l’étudiant dans la pratique par les stages et la simulation ; les connaissances générales et la maitrise de la langue de formation.
o En première année introduction d’un module « santé, société et humanité » intégrant aussi l’histoire de la médecine, les systèmes de santé, la démarche qualité ; l’intégration de l’enseignement de biostatistiques au module d’informatique ; un enseignement en langue basé sur le bilan de compétence et une initiation aux gestes de premiers secours.
o En deuxième année, introduction d’une unité d’enseignement intégré autour d’un appareil (anatomie, histologie, physiologie) ; introduction de la génétique et de l’immunologie et d’un stage infirmier de 3 à 5 semaines.
En troisième année, introduction de l’unité d’enseignement intégré autour d’un appareil, psychologie clinique, hygiène des soins, simulation, apprentissage par problèmes.
- Dans le deuxième cycle : identification d’unités intégrées par appareil, fonction et approche par familles de problèmes ; apprentissage au raisonnement clinique ; évaluation de la formation théorique et pratique.
o En quatrième année : onco-hématologie, maladies endocriniennes et métaboliques ;
o En cinquième année : unité intégrée mère-enfant, handicap et réhabilitation, maladies de système, maladie mentales, système nerveux.
o En sixième année, urgences médico-chirurgicales, intégration thérapeutiques, médecine légale, soins de support, personnes âgées, médecine et communauté, initiation à la recherche.
Dans l’évaluation de l’étudiant, il faudra distinguer l’enseignement théorique des stages pratiques. Cette évaluation est du domaine de compétence exclusif des enseignants hospitalo-universitaires.
La seconde phase de cette refonte verra la spécialisation en médecine générale, pour former un médecin généraliste qui se rapprochera du modèle OMS dit « médecin 5 étoiles ». Pour la mise en œuvre de cette refonte, différentes étapes sont prévues :
- Réactivation de l’organe permanent de coordination MESRS/MSPRH ;
- Adaptation du cadre règlementaire, étalée sur le court et moyen terme ;
- Formation des formateurs ;
- Conception du carnet de l’étudiant ;
- Elaboration des contenus des enseignements avec la nouvelle vision de formation intégrée.
Une feuille de route du lancement de la refonte a été proposée par le secrétaire général. Cette feuille de route démarrera au premier trimestre de l’année universitaire 2017/2018 par l’installation des comités pédagogiques et de coordination en septembre 2017. Elle sera suivie par la conception des programmes de la première année en octobre 2017 avec une validation en décembre de la même année, et également adaptation des arrêtés portant nouveaux programmes et curricula (DGEFS).
A partir de mars 2018, c’est la conception du portfolio et du carnet de l’étudiant qui sera réalisée par les comités pédagogiques et la conférence des doyens. La formation des formateurs débutera en septembre 2017 avec des séminaires régionaux de pédagogie médicale en janvier 2018. En avril 2018, un séminaire national consacré à la mise en œuvre de la refonte des études en médecine aura lieu.
De cet échéancier, on constate que la mise en application de cette refonte ne concernera les étudiants en médecine qu’à partir de l’année universitaire 2018/2019 et qu’il s’agit d’une démarche progressive étalée sur 7 ans.
 
 
 
Au terme de cette présentation, un débat s’est engagé avec l’auditoire. Plusieurs des enseignants présents (dont un certain nombre ont eu à prendre des responsabilités en qualité de doyen, de directeur de département, de président de comité pédagogique ou tout simplement d’enseignant) ont signalé à l’orateur que la structure de coordination entre le MESRS et le MSPRH ne peut être que la CCHUN (Commission Consultative Hospitalo-Universitaire Nationale). Cette commission avait fait à l’époque, un excellent travail puis a été mise en veilleuse, puis de nouveau réactivée dans les années 2012 avec un nouvel arrêté (un bureau et un président ont même été élus) avant de la remettre en veilleuse ? Il suffit d’enrichir ses missions pour qu’elle soit opérationnelle. Un autre point signalé par les enseignants est celui des effectifs pléthoriques d’étudiants et du numerus clausus. A ce jour, il existe certes un numerus clausus basé sur la moyenne au baccalauréat pour s’inscrire en sciences médicales, mais il ne s’agit pas là d’une norme d’admission spécifique aux études en sciences médicales et les effectifs estudiantins sont très importants.
Le MSPRH a-t-il une feuille de route exprimant ses besoins en médecin généraliste (MG) à court, moyen et long terme ?
Le MSPRH connait-il le nombre de MG actuellement en exercice à travers le territoire, tant dans le secteur publique que privé, par wilaya, sexe et âge ? Afin que la faculté puisse prévoir le nombre de médecins à former selon un ratio médecin/population à atteindre en fonction de notre niveau de développement ?
les facultés de médecine ouvrent un nombre de places pédagogiques, tenant compte essentiellement du nombre globale d’admis au baccalauréat et à un degré moindre des capacités des facultés. Le MSPRH n’est en aucune manière sollicité.
La langue d’enseignement a également été mentionnée comme problème pour un grand nombre d’étudiants qui ont effectué tout leur cursus d’études primaires en secondaires en langue arabe et qui arrivent à la faculté de médecine pour effectuer des études en langue française qu’ils ne dominent pas.
enseignants ont également interpellé le secrétaire général pour l’élévation des départements de médecine, médecine dentaire et pharmacie en facultés distinctes l’une de l’autre comme c’est le cas dans la plupart des pays à travers le monde. L’université des sciences de la santé a également été évoqué par le secrétaire général lui-même qui regrouperait, outre les 3 départements sus-évoqués : la médecine vétérinaire, les sciences de l’infirmier, voire les métiers de gestion des établissements de santé.
Le Pr. Ouahioune, présidente du syndicat des enseignants hospitalo-universitaires (SNECHU) a regretté, quant à elle, qu’il n’ait pas été fait appel à la participation du SNECHU (es qualité, car les enseignants hospitalo-universitaires ayant participé à l’élaboration de cette refonte sont de facto membres du SNECHU) au cours de ces 2 années de travaux. Néanmoins, elle salue cette initiative tout en posant la question d’une part de savoir qui va encadrer les étudiants dans les structures publiques de proximité (EPSP) et de l’implication du secteur privé dans l’enseignement. Des tentatives de mise en place d’un enseignement privé en médecine ont eu lieu dans un passé récent sans que le ministère de l’Enseignement supérieur ne soit partie prenante.
Pour le Pr. M. Zitouni, coordinateur du Plan national cancer, ancien ministre de la Santé « si la refonte des études de médecine est une urgence, le jugement sur la qualité des professionnels (formés depuis la réforme de 1971) est injuste. S’il y a des disfonctionnements dans le système de santé, il faut reconnaitre qu’il n’y a pas eu d’étude objective précise sur la qualité de la formation médicale en Algérie. Avant 1971, la faculté de médecine héritée du système coloniale assurait une formation de type académique mais la réforme de 1971 qui a transformé les facultés de médecine en Instituts des sciences médicales (ISM et INNESM) avait pour but, sur le plan tant philosophique que stratégique, de former des médecins de terrain. Mais après un certains nombres d’années, par une simple décision ministérielle, on est revenu au terme faculté, en augmentant le cursus d’une année (de 6 ans dans les ISM à 7 ans dans les facultés). Un autre élément qui a déstructuré notre système de santé est le décret de 2007 qui a supprimé le secteur sanitaire et créer les structures de soins de proximités (EPSP). Le secteur sanitaire permettait d’utiliser les structures périphériques pour la formation des futurs médecins. Ce décret a été un des freins dans la formation pratique de l’étudiant en médecine ». Quant à la spécialisation du médecin généraliste, le Pr. Zitouni rappela les raisons qui ont incité à la création d’un résidanat de médecine générale en Europe et aux USA et considère que « le médecin généraliste (MG) algérien est un médecin de famille, mais dans le cadre de la création des nouveaux métiers, on peut assurer une formation spécifique à ce MG, comme dans le cadre du Plan national cancer où la formation d’un médecin coordonateur en oncologie est d’une utilité certaine tant pour les praticiens spécialistes du cancer que pour le patient cancéreux qui a affaire à plusieurs spécialistes. Cependant, il faudrait que les ministères concernés (MESRS, MSPRH, fonction publique et finances) mettent en place un statut particulier afin que ce MG, ayant une qualification supplémentaire, puisse être reconnu. L’exemple des médecins urgentistes formés et qui ne se retrouvent dans aucun statut particulier en est un exemple ».
Que dire de cette présentation sur la refonte des études de graduation de médecine ?
A la suite de la présentation de cette refonte par les doyens aux enseignants de la faculté de médecine d’Alger, le 21 mai 2017, les orateurs ont fait comprendre à l’auditoire que cette refonte allait aboutir in fine à l’érection d’un résidanat en médecine générale (dont la durée n’était pas encore fixée) comme cela est en train de se réaliser dans beaucoup de pays.
Pour notre part, nous nous sommes alors, interrogés sur l’opportunité de mettre en place un résidanat ouvert à l’ensemble des étudiants en médecine (des milliers chaque année) vu la crise financière que traverse le pays et également de savoir si ce résidanat est ouvert sans concours à l’ensemble des étudiants terminant le cursus des études de graduation ou seulement à ceux qui réussiraient le concours d’accès et alors se poserait le problème du statut de ceux ayant terminé les études de graduation et échoué au concours d’accès.
La présentation de cette refonte, par le secrétaire général du MESRS, apporte des réponses à ce questionnement puisque le résidanat en médecine générale est renvoyé aux calendres grecques et que la refonte ne se justifie aucunement par rapport à un résidanat. La feuille de route étalée sur la durée d’un cursus (7 ans) laisse tout le loisir pour corriger, améliorer, peaufiner, apporter les réponses adéquates aux différents problèmes qui vont certainement se poser au fur et à mesure de l’application de cette refonte.
Le 3e cycle appelé résidanat qui était abordé lors de la réunion du 21 mai 2017, soit comme un résidanat classique de spécialité de 3 à 5 ans, soit comme un résidanat de médecine générale de 2 ans, ne concerne dans la présentation du secrétaire général que le résidanat classique de spécialité de 3 à 5 ans.
Dans les changements proposés (par rapport à l’ancien programme), la septième année est occultée et représente le parent pauvre des études de graduation. En effet, que ce soit dans l’actuel programme ou celui de la refonte proposée, pour le premier et deuxième cycle, les comités pédagogiques sont la pièce maitresse de gestion. Pa contre, l’année d’internat est gérée de manière administrative par les départements de médecine qui procèdent à la répartition des étudiants ayant accomplis leur cursus de 6 années sans aucune dette dans les différents services hospitaliers sous forme de 4 stages de 3 mois (médecine, chirurgie, pédiatrie, gynéco-obstétrique). Pendant la durée de mon mandat en qualité de directeur de département de médecine d’Alger, dans les années 2000, j’avais mis en place un comité pédagogique de l’internat, qui hélas n’a pas fait long feu après le changement de doyen de la faculté de médecine d’Alger. Une grande partie du temps de ces internes est consacrée à la prise de rendez-vous pour les explorations spécialisées des patients hospitalisés et pour les évacuations, au point où un mouvement de grève a eu lieu, ayant eu pour conséquence l’envoi par le ministère de la Santé d’une instruction déchargeant les internes des évacuations. Le reste du temps, les internes font du bachotage en vue de la préparation du concours d’accès au résidanat de spécialité pour éviter justement de rester médecin généraliste.
En attendant de trancher sur un éventuel résidanat en médecine générale, ne devrait-on pas mettre en place un comité pédagogique national chargé de plancher sur la meilleure manière de fructifier cette année d’internat (quitte à ce qu’elle se déroule en grande partie dans les structures périphériques comme les EPSP) pour faire du médecin généraliste algérien un médecin de famille, un médecin référent, un médecin 5 étoiles comme le préconise l’OMS ?
Les questionnements du Pr. Ouahioune (présidente du SNECHU) relatifs à l’encadrement des étudiants dans les structures publiques de proximité (EPSP) et de l’implication du secteur privé dans les stages pratiques méritent d’être explicités. J’ajouterai celui des stages de secourisme et d’infirmiers en première et deuxième année.
Tout d’abord les stages de secouristes (probablement auprès des sapeurs pompiers) et stages d’infirmiers, très importants et d’une très grande utilité, risquent de se voir réduits, comme une peau de chagrin, dans les grandes villes universitaires (Alger, Oran, Constantine et Annaba) où le nombre d’étudiants va être un obstacle majeur. A l’heure actuelle le personnel de sécurité des établissements de santé doit avoir une formation de secouriste, que les sapeurs pompiers n’arrivent pas à assurer pleinement. Il en sera de même pour le stage infirmier puisque le personnel paramédical des services hospitaliers, à l’heure actuelle, prend en charge pour des stages pratiques, les étudiants des écoles paramédicales privées agréées.
Pour ce qui est des stages dans les établissements non universitaires (EPH et EPSP), des garde-fous doivent être mis en place pour éviter les exemples du service de maladies infectieuses de l’EPH de Boufarik où les étudiants sont confiés au chef de service non universitaire alors qu’un professeur hospitalo-universitaire de surcroit ancien doyen de faculté y exerce dans la même spécialité ou encore les EPH de Zéralda et de Koléa qui ont perdu leur vocation universitaire, réduisant le nombre de terrain de stage dans plusieurs spécialités.
Enfin, les structures privées (aussi bien clinique que cabinet médical) « habilités» prenant en charge des étudiants pour des stages pratiques : que renferme le terme ‘’ habilité ‘’ ? Qui doit habiliter ? Est-ce que se sont les praticiens libéraux et patrons des cliniques qui ont font la demande qui vont être évalué pour une éventuelle habilitation ou est ce que se sont les compétences reconnues (même s’ils ne font pas la demande) et les cliniques disposant de plateau technique pouvant être d’un apport pour la formation des étudiants qui seront sollicités pour une habilitation ?
L’érection des départements de médecine, chirurgie dentaire et pharmacie en facultés indépendantes me semble, pour ma part, utiles de par leurs spécificités. D’ailleurs, il y a près d’une dizaine d’années, une refonte du cursus aussi bien du chirurgien dentiste (qui est devenu docteur en médecine dentaire) que du pharmacien a été réalisée. Restait la refonte des études médicales.
En 2002, le MESRS avait mis en place un comité pédagogique national (CPN) de médecine, composé de 22 enseignants hospitalo-universitaires des différentes facultés de médecine d’Algérie, ayant pour mission justement la refonte des études de médecine. Après 2 ou 3 réunions au niveau du siège du MESRS et dès l’installation du bureau et l’élection du président de ce comité, plus aucune réunion n’a pu avoir lieu faute de moyens de prise en charge des membres (hébergement, transport, etc.). Une réorganisation du premier cycle (en particulier de la première et de la deuxième année) a même été réalisée sous la conduite du Pr. Mentouri Zahia, ancienne ministre de la Santé, ancienne directrice de l’Agence thématique de recherche en sciences de la santé (ATRSS) et chef de service d’anesthésie-réanimation. Le changement de ministre a eu raison de ce comité.
Souhaitant que cette refonte qui s’étale sur une durée d’un cursus (7 ans) ne soit pas tributaire de remaniements ministériels. Pr. L. Abid
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Le 5 aoû 2017 par A.S.L.

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