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L’enjeu est majeur, car comprendre la mémoire immunitaire du SRAS-CoV-2 est essentiel pour améliorer les diagnostics et les vaccins, et pour évaluer l'évolution probable de la pandémie du COVID-19.

Lors de cette étude, les chercheurs ont recruté 188 sujets, 80 hommes et 108 femmes positifs à la COVID-19 et âgés de 19 à 81 ans. 93 % des sujets enrôlés n’ont pas eu besoin d’hospitalisation, alors que parmi les 7 % restants quelques-uns ont été hospitalisés en soins intensifs. 97 % des patients ont souffert de formes symptomatiques. La distribution de la gravité des cas de la cohorte étudiée est ainsi globalement en phase avec la réalité des cas aux États-Unis.

La plupart des sujets ont fourni un seul échantillon de sang prélevé entre le 6e et le 240e jour après l’apparition des symptômes, 51 patients ont été prélevés régulièrement de telle sorte à permettre une évaluation longitudinale de la mémoire immunitaire dans un sous-ensemble de la cohorte. Au total, 254 échantillons ont pu ainsi être analysés. Les scientifiques ont cherché à quantifier dans chacun des échantillons le niveau d’anticorps, de lymphocytes B, de lymphocytes T CD8 et de lymphocyte T CD4 spécifiques du Sars-Cov-2.

Les chercheurs ont évalué dans un premier temps la quantité d’anticorps anti-SARS-CoV-2 circulants. En dépit de leur hétérogénéité entre les patients, le niveau d’anticorps circulants est resté stable pendant la durée du suivi (de 20 à 240 jours). 98% des patients sont devenus, au bout d’un mois, séropositifs pour des anticorps anti-protéine S. Au bout de 6 mois, si le nombre d’anticorps diminue, leur présence est confirmée pour 90 % des participants. Leur demi-vie a été estimée à 103 jours par les chercheurs.

De plus, les anticorps neutralisants persistent également dans les échantillons de sang prélevés entre le 6e et le 8e mois après les premiers symptômes pour 90 % des sujets.

Par ailleurs, le niveau des cellules « mémoire », spécifiques du SARS-CoV-2 a également été analysé. Leur cinétique est bien différente de celle des anticorps. Si la présence des lymphocytes T CD8 et T CD4 est décelée à partir d’un mois après les premiers symptômes (vs 10 jours pour les anticorps), 70 % des patients ont encore des lymphocytes T CD8 actifs au bout de 6 mois et 92 % ont également des lymphocytes T CD4. La demi-vie des CD8 a été estimée à 125 jours contre 94 jours pour les CD4.

En ce qui concerne, les lymphocytes B, ce n’est qu’au bout de 4 à 5 mois que l’on commence à déceler leur multiplication dans l’organisme avant que leur nombre se stabilise. Si les chercheurs n’ont pas pu évaluer leur demi-vie, ils qualifient leur présence dans l’organisme de durable.

Les chercheurs suggèrent que le système immunitaire pourrait garder en mémoire des traces de la primo-infection pendant des années limitant ainsi les risques de formes sévères en cas de réinfection. Ce que rend crédible une autre étude publiée dans la revue Nature qui a mis en évidence la présence des lymphocytes T « mémoires » 17 ans après l’épidémie de SRAS, un virus génétiquement proche du SARS-COV-2.

Néanmoins, les auteurs précisent avoir constaté des différences importantes selon les patients dans le niveau de la réponse immunitaire apportée par l’organisme pour faire face à l’infection. Rien ne garantirait donc que les réponses immunitaires les plus faibles soient suffisantes pour protéger des risques de réinfection.

« L’immunité varie d’une personne à l’autre, et les individus dont la mémoire immunitaire est faible sont susceptibles d’être réinfectés », explique Shane Crotty.

 
Références
Revue Sciences ;
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Le 28 jan 2021 par A.S.L.

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