appendicites aiguës en Algérie.enquête.pressemedicale.com

L’enquête nationale sur les appendicites aiguës placée sous l’égide de la Société Algérienne de Chirurgie (SAC) avec la participation des chirurgiens digestifs de toutes les régions du pays a concerné les centres hospitaliers universitaires (CHU), les établissements publics hospitaliers (EPH) et l’hôpital central de l’armée (HCA) avait permis l’inclusion de 1 324 dossiers durant une période de 4 mois du 15 janvier 2019 au 15 mai 2019.

L’étude a inclus seulement l’adulte, la population pédiatrique n’était pas concernée par l’étude.

Il y avait une légère prédominance masculine avec 60% d’hommes. Il s’agissait d’une population jeune sans comorbidités dans plus de 80%. Près de la moitié de la population avait un indice de masse corporelle normal compris entre 20 et 25 kg/m2. L’âge moyen était de 31±11,2 ans avec une classe modale entre 20-30 ans, 77% de l’effectif avait moins de 40 ans. La majorité des appendicites (84%) sont opérées au stade non compliqué, cela trouve son explication dans l’accès facile aux structures hospitalière et la précocité de consultation des malades devant toute douleur abdominale aiguë puisque 42% des patients avaient consulté dans un délai moins de 24 heures. De plus, la généralisation de l’imagerie (échographie/scanner) dans les structures hospitalières publiques et surtout privés et leur mise à disposition en urgence, a permet d’observer une proportion faible de forme compliquée d’appendicite. Le statut de l’appendicite aiguë n’était pas influencé par le sexe contrairement à l’âge où il a été observé plus de formes compliquées et de façon significative chez les patients âgés de plus de 40 ans.

Parmi les signes cliniques de l’appendicite aiguë, deux signes sont plus fréquemment retrouvés à savoir la douleur de la fosse iliaque droite, la sensibilité ou la défense de la fosse iliaque droite avec une sensibilité et une valeur prédictive positive excellente. Le toucher rectal était pratiqué dans la moitié des cas, s’est révélé non contributif avec une faible sensibilité et spécificité. Sa pratique systématique n’est pas recommandée dans les présentations cliniques typiques de l’appendicite. La fièvre s’était révélée comme une valeur pronostique lorsque la température dépasse 38,5°c, témoigne d’une forme compliquée de l’appendicite. Une hyperleucocytose (>103 éléments/mm3) a été observée dans 1 004 cas avec une sensibilité moyenne de 77,13% et une spécificité faible de 27,3%. Elle s’était montrée comme un facteur pronostique de l’appendicite aiguë lorsque le taux de globules blancs dépasse 15 000 éléments/mm3, témoin de la forme compliquée de l’appendicite aiguë.

L’échographie est l’examen radiologique de choix, elle est réalisée chez plus de 80% des patients, elle s’est révélée performante et elle a été d’une aide précieuse dans le diagnostic d’appendicite aiguë. Elle réconforte le chirurgien dans sa décision chirurgicale et elle réduit de façon drastique le nombre d’appendicectomie blanche qui était négligeable : un peu moins de 2%.

Le scanner a été réalisé dans 18,7% des cas, il doit être l’examen de référence de deuxième intention, prescrit dans des situations difficiles : en cas d’échographie non contributive, chez les patients âgés, obèses et dans les situations où l’appendice n’a pas été vu à l’échographie. Des critères de gravité de l’appendicite aiguë ont été identifiés qui sont clinique, biologique et échographique (âge > 40 ans, délai > 3 jours, fièvre > 38,5°c, taux de globules blancs supérieur à 15 000, taille de l’appendice supérieure à 10 mm ou appendice non vu à l’échographie, présence d’épanchements liquidiens). Leur absence, permettrai de suggérer fortement une appendicite aiguë non compliquée et de proposer pour cette forme un traitement non opératoire par une antibiothérapie exclusive.

Un traitement non opératoire par antibiothérapie a été décidé pour 6% des patients. Tous les autres patients ont été opérés dont la plupart par laparotomie (87%). La cœlioscopie a été peu réalisée (13%) en raison de l’absence de la généralisation des colonnes de laparoscopie dans les établissements des urgences chirurgicales. Pourtant, elle avait montré un avantage en termes de complications immédiates par rapport à la chirurgie ouverte. Quel que soit l’abord chirurgical (chirurgie ouverte ou laparoscopie), le geste chirurgical était associé à un drainage péritonéal qui s’observait beaucoup plus dans les appendicites compliquées, et allongeait de façon significative le séjour opératoire qui était en moyenne de 1,6±0,7 jours. La laparoscopie n’avait aucun impact sur la durée du séjour post opératoire. La prédominance des formes non compliquées des appendicites aiguës (84%), survenant le plus souvent chez des patients jeunes sans comorbidité, suggère la réalisation de l’appendicectomie en ambulatoire par la mise des patients sous antibiotiques lorsqu’ils se présentent à l’hôpital au-delà de 13 heures et les re-convoquer le lendemain matin pour subir l’appendicectomie dans la journée et regagner leur domicile le jour même. Enfin, la prescription d’antibiotiques et d’anticoagulants a été réalisée de façon presque systématique, elle doit être éclectique, en prenant compte le statut du patient et la forme anatomopathologique l’appendicite aiguë.

Parmi les limites de cette étude, il faut relever, de prime abord, l’absence de participation du secteur privé qui pouvait apporter sa riche expérience dans cette étude prospective. Aussi, il a été constaté, que plusieurs variables, même les plus élémentaires, observaient un taux appréciable de données manquantes dans les fiches de renseignement, ce qui a un peu compliqué l’analyse de l’étude. Enfin, il n’a pas été possible d’analyser dans son approche thérapeutique l’attitude non opératoire des appendicites aiguës.

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Le 21 jan 2021 par A.S.L.

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