La grippe est une infection virale aiguë qui se propage facilement d’une personne à l’autre. La grippe circule partout dans le monde et peut toucher n’importe quelle personne quel que soit l’âge ; elle peut provoquer des épidémies annuelles qui atteignent leur pic pendant l’hiver dans les régions tempérées. Sur le plan de la santé publique, la grippe constitue un problème sérieux qui provoque des maladies graves et des décès dans les populations à plus haut risque. Par ailleurs, la grippe peut avoir des répercussions néfastes sur le plan économique, car elle provoque une perte de productivité, mais engendre également des dépenses élevées en sollicitant les services de santé. Malgré la disponibilité des médicaments antiviraux pour le traitement, les virus grippaux peuvent développer une résistance à ces médicaments, et par voie de conséquence, la vaccination reste le moyen le plus sûr et le plus efficace de prévention de l’infection. Dans ce cadre, la Société Algérienne de Pneumophtisiologie a émis des recommandations pour la prévention contre la grippe et ses complications par la vaccination.
 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

La vaccination antigrippale représente le socle de la prévention de cette infection respiratoire aiguë qui tue chaque année de 500.000 à 1 million de personnes selon l’OMS. En Algérie, selon les données du réseau de surveillance de la grippe, l’incidence est de 01 à 02 millions de cas pour la saison 2013-2014.
La composition du vaccin antigrippal est rendue publique au mois de février pour l’hémisphère Nord (dont l’Algérie fait partie) ; l’IPA procède à l’achat du nombre de doses sur recommandation du MSPRH, afin qu’il soit disponible au mois de septembre.
Dès que le vaccin contre la grippe saisonnière devient disponible, (soit vers le mois de septembre), le personnel de santé, les cliniciens en premier lieu exerçant dans le secteur public ou privé, peut proposer la vaccination antigrippale saisonnière, étant donné que l’activité grippale saisonnière peut commencer dès octobre pour atteindre son pic en février/mars, selon les observations enregistrées par le Réseau de surveillance de la Grippe de l’Institut Pasteur d’Algérie.
Les travailleurs de la santé, au cours de leur activités quotidiennes doivent recommander le vaccin antigrippal aux personnes à risque qui n’ont pas été vaccinées, et assurer la continuité de la vaccination antigrippale chez les personnes inclues dans le programme de vaccination antigrippal, même après l’observation d’une activité grippale dans la collectivité.
Les risques et les avantages de la vaccination antigrippale devraient être abordés avant l’introduction de la vaccination ; il est important d’expliquer aux patients les risques associés au fait de ne pas recevoir le vaccin antigrippal saisonnier.
Une attention particulière doit être accordée aux voyageurs accomplissant le pèlerinage du fait de leur exposition permanente à la contamination par les virus de la grippe.
Un suivi de l’évolution de la vaccination doit être entrepris afin de pouvoir évaluer les efforts fournis (des données recueillies auprès de pharmaciens ainsi qu’auprès des centres de vaccination par rapport aux vaccinés/demandeurs) représente une étape très importante à considérer. Il convient d’inclure le personnel du service de prévention des DSP pour toutes les régions du pays.
Le vaccin contre la grippe
Actuellement, en Algérie, on utilise des vaccins inactivés sans adjuvants : ils sont préparés à partir de souches virales inactivées de la grippe, cultivées sur des œufs de poulet. Le fait qu’elles soient inactivées signifie qu’elles ont perdu leur pouvoir pathogène mais ont gardé leur pouvoir immunitaire. Comme de nouvelles souches apparaissent régulièrement, l’OMS identifie chaque année les 3 souches les plus courantes du virus grippal circulant à travers le monde et propose la composition des vaccins la plus efficace pour contrer leur propagation.
 

PERSONNES AUXQUELLES LE VACCIN CONTRE LA GRIPPE EST FORTEMENT RECOMMANDÉ

Les vaccins antigrippaux actuels homologués sont immunogènes, sûrs et comportent peu d’effets indésirables.
Afin de réduire la morbidité et la mortalité associées à la grippe, le programme de vaccination contre la grippe saisonnière doit cibler les personnes qui présentent un risque élevé de complications associées à la grippe, celles qui pourraient transmettre la grippe aux personnes à risque élevé de complications et celles qui fournissent des services communautaires essentiels. Ces groupes doivent demeurer la cible prioritaire des programmes de vaccination contre la grippe saisonnière.
 
Personnes auxquelles le vaccin antigrippal est recommandé
L’instruction N°42/MSPRH/DGPPS du 2 octobre 2013 a défini la population cible prioritaire conformément aux recommandations du comité d’experts chargé de la grippe :
Les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes (adultes et enfants) présentant une pathologie chronique telles que : cardiopathie, affections pulmonaires chroniques, affections métaboliques (diabète, obésité etc.), affections rénales, immunodéficience acquise ou congénitale, notamment les patients transplantés ou néoplasie sous-jacente ou infection par le VIH ou encore asplénique, drépanocytose, les femmes enceintes à tout âge de la grossesse, les personnels de santé, les pèlerins.
En fait, la vaccination antigrippale saisonnière concerne les personnes présentant un risque élevé de complications liées à la grippe ou hospitalisées ou pouvant mettre en jeu le pronostic vital d’emblée.
Ces affections comprennent plus particulièrement :
- Affections broncho-pulmonaires chroniques (asthme et BPCO).
- Insuffisances respiratoires chroniques obstructives ou restrictives quelle qu’en soit la cause, y compris les maladies neuromusculaires à risque de décompensation respiratoire, les malformations des voies aériennes supérieures ou inférieures, les malformations pulmonaires ou les malformations de la cage thoracique.
- Maladies respiratoires chroniques susceptibles d’être aggravées ou décompensées par une affection grippale, dont asthme, bronchite chronique, bronchiectasies, hyperréactivité bronchique.
- Les maladies cardiaques.
- De même sont également inclus le diabète sucré et d’autres maladies métaboliques, le cancer, l’immunodépression (due à une maladie sous-jacente ou à un traitement), les néphropathies, l’anémie ou l’hémoglobinopathie.
Cette catégorie de malades comprend également les enfants et les adolescents (âgés de 6 mois à 18 ans) atteints de maladies traitées pendant de longues périodes par de l’acide acétylsalicylique, en raison de la possibilité d’un risque accru de syndrome de Reye associé à la grippe.
- Obésité morbide (IMC ≥40).
- Personnes âgées de 65 ans et plus.
- Personnes en difficulté résidant dans les hospices (tels les pensionnaires de Diar Errahma).
- Femmes enceintes : Il est recommandé l’inclusion de toutes les femmes enceintes, quel que soit le stade de la grossesse, sur la liste des personnes devant recevoir, en priorité, le vaccin antigrippal saisonnier en raison du risque de morbidité associée à la grippe dans cette population. Des preuves démontrent que la vaccination des femmes enceintes protège les nouveau-nés contre la grippe et les hospitalisations associées à la grippe.
- Personnes qui pourraient transmettre la grippe à des sujets à risque élevé de complications grippales ou d’hospitalisation, tels les travailleurs de la santé et autres dispensateurs de soins dans des établissements et en milieux communautaires qui, par leurs activités, pourraient transmettre la grippe aux sujets à risque élevé de complications.
- Contacts familiaux (adultes et enfants) de personnes à risque élevé de complications liées à la grippe, que ces dernières aient été vaccinées ou non.
- Contacts familiaux des nourrissons de moins de 6 mois, qui sont à risque élevé de complications grippales, mais pour qui il n’existe actuellement aucun vaccin contre la grippe.
 
Autres personnes
- On devrait encourager la vaccination des personnes qui fournissent des services communautaires essentiels afin que les services et les activités courantes soient le moins perturbés possibles durant les épidémies annuelles.
- Les employés des collectivités y compris les adultes en bonne santé sur le marché du travail devraient envisager la vaccination contre la grippe saisonnière annuelle, car il a été établi qu’elle contribue à réduire l’absentéisme dû à la grippe et ses complications.
- La vaccination antigrippale procure des bienfaits tant aux travailleurs de la santé qu’aux patients dont ils prennent soin. En l’absence de contre-indications, il est recommandé aux travailleurs de la santé de se faire vacciner.
 
Vaccination des voyageurs
Tous les voyageurs à destination des Lieux saints, quel que soit le motif de leur déplacement, doivent bénéficier de la vaccination antigrippale saisonnière.
 

ENREGISTREMENT DE LA VACCINATION

La vaccination est un acte médical qui engage la responsabilité médico- légale du corps médical. La vaccination anti-grippale (date de la vaccination, type, dose administrée et N° du lot du vaccin) doit être consignée dans le dossier du patient et sur le-carnet de vaccination individuel.