Après 200 ans de bataille, l’Humanité, grâce à la recherche scientifique, notamment dans le domaine de la biologie (microbiologie, immunologie, biologie moléculaire), a remporté de nombreuses victoires qui ont permis de vaincre de grands fléaux ravageurs et de sauver des millions de vies : BCG, vaccin contre la fièvre jaune, contre la polio, découverte du bacille de la peste, de l’agent du paludisme, traitement de la diphtérie par la sérothérapie, découverte des sulfamides... C’est ainsi que chaque année, la vaccination sauve trois millions et demi de vies dans le monde avec des traitements préventifs contre plus de 25 maladies infectieuses qui causent plus de 21 millions de morts (OMS) par an. La vaccination a permis d’éradiquer la variole, maladie mortelle dont le dernier cas remonte à 1977, et de faire chuter le nombre de cas de poliomyélite de 99% en moins de vingt ans. Et le progrès ne s’arrête pas là, car dans le domaine de la vaccination, la recherche progresse à pas de géant : cancer du col de l’utérus, gastro-entérite, hépatite C, paludisme… Face à ces pathologies majeures, des armes existent désormais ou sont en cours de mise au point. Ces avancées majeures indiquent que nous vivons une révolution vaccinale dont les enjeux sont considérables tant sur le plan sanitaire qu’économique, conséquence à la fois de l'augmentation des besoins mondiaux mais aussi du développement de nouvelles technologies comme la biologie moléculaire et la génomique qui permettent de fabriquer de nouveaux types de vaccins et aussi des vaccins contre de nouveaux microbes et de nouvelles pathologies ; de ce fait, beaucoup de vaccins sont actuellement en préparation, contre certains cancers, contre l’hypertension, la dépendance à la nicotine ou même l’allergie aux poils de chat. La force protectrice de la vaccination de nos jours n’est plus à démontrer, car chaque injection représente une assurance-vie pour l’enfant et l’adulte. De ce point de vue, les vaccins représentent un véritable espoir de venir à bout de maladies graves comme le sida, les mélanomes, les tumeurs pulmonaires et digestives ou le paludisme, que les traitements actuels ne parviennent pas à soigner véritablement, même s'ils améliorent la situation des malades. Un vaccin contre le cancer… les médecins l’attendaient depuis très longtemps, sans trop y croire. Et pourtant, le premier vaccin contre le cancer est disponible : c’est le vaccin contre le cancer du col de l’utérus qui est actuellement enregistré dans plus de 150 pays. Indéniablement, c’est un progrès majeur mais pas unique, car cela a ouvert grandement la voie à d’autres vaccins contre les virus associés aux cancers, sachant qu’un cancer sur cinq serait d’origine infectieuse, donc susceptible d’être un jour «vaccinable». Dans notre pays, le cancer du col de l’utérus continue de faire des ravages chez la femme algérienne, car il constitue le 3e cancer de l’Algérienne. Le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus et la vaccination contre le HPV sont les armes qui permettront l’éradication définitive du cancer du col de l’utérus, car il ne s’agit pas de soigner des patientes qui n’ont guère d’autre solution, mais de les protéger d’un danger réel.