Première urgence abdominale chirurgicale, l’appendicite aigue constitue un défi majeur pour le chirurgien digestif en raison de sa fréquence, de son diagnostic difficile et de sa potentielle gravité. Elle affecte des patients souvent jeunes avec parfois des diagnostics compliqués comme chez la femme et le nourrisson. Environ 8% de la population générale aura une appendicite aiguë au cours de la vie. Le risque principal étant l’évolution vers la perforation puis la péritonite généralisée mettant en jeu le pronostic vital. La majorité des cas d’appendicite sont non compliquées, les formes compliquées sont représentées par l’abcès, le plastron et la péritonite appendiculaire qui sont devenues rares grâce à la généralisation et la systématisation de l’échographie devant toute douleur de la fosse iliaque droite. Son diagnostic reste clinique avec un taux de faux positif qui varie de 15 à 25% et peut augmenter à 40% chez la femme posant le diagnostic différentiel avec les pathologies annexielles. Devant le polymorphisme clinique et la difficulté à poser avec certitude le diagnostic de l’appendicite aiguë, plusieurs scores clinico-biologiques prédictifs d’appendicites aiguës (Alvarado, AIR, MESH) ont été proposés afin de réduire le nombre d’appendicectomies inutiles. Ces scores ont été établis à partir de l’évolution d’un grand nombre de patients et ont pour objectif de prédire le diagnostic et le pronostic du patient à partir des données cliniques et biologiques discriminants.

L’imagerie est d’un apport capital, aide au diagnostic d’appendicite aigue dans les situations difficiles. Néanmoins, couplée à l’examen clinique et biologique, elle ne permet toujours pas un diagnostic de certitude qui témoigne la fréquence des appendicectomies avec à l’histologie un appendice indemne de toute lésion (appendicectomie blanche). Le bilan d’imagerie doit permettre de mieux différencier les appendicites des douleurs d’origine gynécologiques faisant ainsi chuter le nombre d’hospitalisation chez la femme.

Malgré l’aide apportée par les scores clinico-biologiques et/ou par l’imagerie, le taux d’appendicectomie sans lésions anatomopathologiques n’est toujours pas nul. Il n’en demeure pas moins que le taux d’appendicectomie blanche soit en régression.

Depuis 1894, l’appendicectomie par Mc Burney était considérée comme le traitement de référence de l’appendicite aiguë. Au début du 20ème siècle, Henry Mondor rapportait une mortalité à 21% qui est passée à 12% de 1895 à 1913 puis à 5% en 1928. La morbi-mortalité a été largement réduite grâce à l’apport des antibiotiques, de l’imagerie, les progrès chirurgicaux avec la coelioscopie.

Actuellement, l’approche laparoscopique est le gold standard en raison de son bénéfices cosmétiques et une morbidité faible notamment les complications pariétales (suppuration, éventration) et péritonéales (OIA sur brides). La première coelioscopie a été pratiquée il y a plus de 30 ans, elle est en nette augmentation depuis 1993.

L’objectif de l’enquête nationale était de recueillir de la façon la plus exhaustive possible les informations concernant le statut des malades et le statut de l’appendicite aigue afin de déterminer un profil épidémiologique des appendicites aigues et de faire une analyse sur l’approche diagnostique et thérapeutique. Les données de l’enquête comportaient 95 variables qui concernaient les caractéristiques démographiques, les antécédents médico-chirurgicaux, l’histoire de la maladie, les signes cliniques, biologiques et morphologiques, les modalités thérapeutiques au cours de l’hospitalisation, l’intervention chirurgicales et les éventuelles complications ainsi que le suivi à 3 mois. Ces données ont été saisies par le logiciel SPSS et l’analyse statistiques réalisées avec le logiciel Epi Open.

Les résultats de l’enquête nationale vont servir à la rédaction d’un rapport sur le vieux sujet de l’appendicite aiguë qui devrait être un outil de travail intéressant aussi bien pour l’étudiant hospitalier et les résidents en chirurgie que pour le chirurgien confirmé.

A l’ère des restrictions de budgets de dépense de santé publique, la réduction du séjour post opératoire, la promulgation de l’appendicectomie laparoscopique et ambulatoire constitue un défi pour les chirurgiens et ouvrent de nouvelles pistes d’amélioration pour la prise en charge des patients présentant une appendicite aiguë.

Auteur:
Société Algérienne de Chirurgie
Editeur:
SAC
Fichier PDF: